Reconstruction à Al Haouz : Un nouvel élan pour les services essentiels

Après le séisme de 2023, la province d’Al Haouz s’est lancée dans un vaste chantier de réhabilitation et de reconstruction des infrastructures de base, mené avec célérité et efficience. A cet effet, les différents intervenants se sont mobilisés pour remettre en service routes, établissements de santé et structures scolaires, éléments essentiels pour un retour rapide à une vie normale.

 Un réseau routier remis sur pied pour désenclaver les zones montagneuses

La remise en état du réseau routier figurait parmi les priorités, le séisme ayant gravement endommagé les principaux axes routiers, au point que plusieurs villages s’étaient retrouvés totalement isolés.

Des travaux d’urgence ont rapidement permis de rouvrir les axes stratégiques reliant les communes sinistrées aux centres urbains voisins.

Aujourd’hui, malgré les contraintes d’un relief accidenté, le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en coordination avec l’Agence de développement du Grand Atlas, poursuit un vaste chantier de réhabilitation et de reconstruction des routes sinistrées. Objectif : désenclaver les populations et doter la province d’infrastructures résilientes face aux défis futurs.

À ce titre, une enveloppe de 890,9 millions DH (MDH) a été mobilisée pour financer les plans d’action 2024-2025 dans les domaines des infrastructures routières (875,77 MDH) et de l’eau (15,03 MDH). Parmi les projets prioritaires figurent la réhabilitation de la route nationale N7 reliant Tahanaout à Taroudant, la reconstruction des installations techniques vitales et l’approvisionnement en eau potable des populations touchées.

Selon Noreddine Aït Oussi, ingénieur d’Etat chargé du suivi du chantier de la route nationale N7 au niveau de la Direction provinciale de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau d’Al Haouz, “la priorité a été donnée aux tronçons les plus endommagés par le séisme”. Il a souligné, par ailleurs, les efforts déployés pour réhabiliter et élargir l’ensemble des routes provinciales et régionales d’Al Haouz.

Santé : des structures modernisées pour une meilleure prise en charge

Le séisme avait mis à rude épreuve le système de santé local : plusieurs centres avaient été détruits ou gravement fragilisés. Dès les premiers jours, des unités médicales mobiles avaient été déployées afin d’assurer la continuité des soins et la prise en charge psychologique des rescapés.

Depuis, de nouveaux centres de santé, construits dans le respect des normes parasismiques, ont vu progressivement le jour dans les différentes communes. Plus spacieux et mieux équipés, ils disposent d’unités d’urgence, de matériel moderne et de ressources humaines renforcées. Ces investissements visent à garantir un accès durable à des soins de qualité et à consolider la résilience du système de santé.

“Après le séisme, un programme d’urgence a été lancé pour réhabiliter ou reconstruire les établissements endommagés, notamment à Asni, Tlat N’Yaaqoub et Ighil, épicentre de la secousse”, a déclaré à la MAP le délégué provincial du ministère de la santé, Mustapha Jader, précisant que 43 centres de santé ont été réhabilités ou reconstruits, dont 75% déjà opérationnels et 10 % en voie d’achèvement.

Tous sont désormais dotés de moyens humains et logistiques adaptés pour répondre aux besoins des habitants, a-t-il fait remarquer.

L’école au cœur de la reprise

La réhabilitation et la reconstruction des établissements scolaires se sont imposées comme une priorité absolue. Sur les 343 écoles touchées, 103 avaient été totalement détruites, compromettant la scolarité de milliers d’élèves. Dès les premiers mois, des classes provisoires en préfabriqué avaient été installées pour éviter toute rupture des cours.

Aujourd’hui, plusieurs chantiers de reconstruction sont en cours dans les communes les plus sinistrées. Les nouveaux établissements, bâtis selon des normes antisismiques renforcées, offrent des espaces sécurisés, accessibles et modernisés, incluant bibliothèques, terrains de sport et équipements numériques.

En parallèle, un programme de réhabilitation a permis de restaurer les écoles partiellement endommagées. Toitures, salles de classe et installations sanitaires ont été remises à niveau, assurant un retour rapide à un cadre d’apprentissage adapté.

Ces efforts, qui dépassent la simple réparation, visent à améliorer durablement la qualité de l’enseignement dans la province.

Selon Mohamed Zerrouki, directeur provincial du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, “des efforts colossaux ont été déployés par le ministère et ses partenaires pour réhabiliter et reconstruire les écoles endommagées”.

Pour la rentrée 2025-2026, la direction provinciale a réceptionné 80 établissements scolaires prêts à accueillir les élèves, dont l’école primaire d’Asni.

Cet établissement comprend, entre autres, 13 salles de cours, dont une dédiée au préscolaire, une salle multidisciplinaire, un terrain multisport, un bloc administratif, une cantine scolaire et des espaces verts. Il permettra à 600 élèves de poursuivre leurs études dans des conditions optimales.

Au-delà de la reconstruction, une vision de développement durable

Loin de se limiter à réparer les dégâts causés par le séisme, la stratégie adoptée à Al Haouz s’inscrit dans une logique de modernisation et de développement durable. Les infrastructures routières, sanitaires et scolaires sont pensées pour être plus résilientes, plus accessibles et mieux adaptées aux besoins des populations locales.

Cette démarche illustre une volonté claire : transformer l’épreuve du séisme en une opportunité pour repenser l’aménagement du territoire et renforcer la justice sociale.

Ainsi, la reconstruction d’Al Haouz témoigne de la résilience d’une région qui a choisi de se relever et de construire un avenir plus sûr et plus prometteur.


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